Tourner le dos aux plus démunis
Date de création : 16 Novembre 2016

Qui, au Québec, pourrait vivre avec 399 dollars par mois? Non pas par jour. Non pas par semaine. Par mois. La question est bien évidemment rhétorique.

Qui pourrait vivre avec 399$ par mois? Personne, il va sans dire.

Or, le gouvernement Couillard, lui, pense le contraire. À moins de vivre dans une bulle, on ne sait trop comment, ni pourquoi.

Adopté la semaine dernière, le projet de loi 70 prévoit que les premiers demandeurs d’aide sociale jugés aptes au travail, mais qui refuseraient un parcours obligatoire d’intégration à l’emploi, pourraient voir leurs prestations mensuelles déjà minimalistes de 623$ chuter dramatiquement à 399$.

Comme disent les Anglais, la guerre contre la pauvreté est terminée et les pauvres ont perdu...

Lorsqu’on sait à quel point l’aide sociale est une aide de «derniers recours» - ce qui signifie souvent un état réel de fragilité des personnes qui en font la demande -, l’idée même d’une telle compression est révoltante.

Il faut avoir connu des personnes dans cette situation pour le savoir. De toute évidence, ce n’est pas le cas pour les membres de ce gouvernement.

Les «premiers demandeurs» à l’aide sociale, ça peut être un jeune décrocheur, mais aussi une femme ou un homme dans la cinquantaine après une dure séparation, un homme ou une femme plus âgé incapable de se retrouver un emploi décent, etc....

Bref, les circonstances délétères sont multiples.
Lors du vote pour l’adoption de ce projet de loi honteux, les députés de Québec solidaire ont signifié leur haut-le-cœur en tournant le dos à l’Assemblée nationale lorsqu’est venu le temps pour chacun de se lever.

Le geste se voulait symbolique et pacifique. La loi étant «honteuse», ont-ils dit avec raison, tourner le dos l’exprimait parfaitement.

Or, selon le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, les députés de QS auraient insulté le parlement et les autres parlementaires par cette «atteinte injustifiée à notre décorum».
Le président de l’Assemblée nationale est un homme éminemment respectable et respecté, mais cette fois-ci, on peine à comprendre une telle décision de sa part.

Les députés sont élus pour représenter leurs citoyens. Y compris les plus vulnérables d’entre eux.

En tournant le dos pendant le vote sur le projet de loi 70, les députés ont exprimé de manière symbolique et ce, au nom même des citoyens touchés par cette loi, un dégoût qui se comprend pourtant aisément.

Bref, c’est à cette loi que les députés ont tourné le dos et non pas à l’institution parlementaire elle-même et encore moins à leurs collègues députés.
***

Un vieux classique
Ce qui choque est aussi cette même habitude qu’ont certains gouvernements à s’en prendre à certaines catégories de prestataires d’aide sociale pour se faire du capital politique facile auprès des électeurs les plus conservateurs.

Robert Bourassa l’avait fait avec ses «Boubou Macoutes».

En 2013, en catimini et en quête d’appuis chez les électeurs caquistes, le gouvernement minoritaire de Pauline Marois avait aussi tenté le coup.

Lorsqu’un gouvernement, quel qu’il soit, tourne lui-même le dos aux plus démunis, soit par idéologie, par électoralisme ou pour des économies de bouts de chandelle, tourner le dos à une loi qui le consacre est bien la moindre des choses dans une démocratie qui se respecte.

Source:
http://www.journaldemontreal.com/2016/11/16/tourner-le-dos-aux-plus-demunis

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